Réseau culturel: licenciements en Egypte...

   Réseau culturel: licenciements en Egypte...

Le journal « Le Quotidien » publiait l'article ci-dessous le 27 mars, qui en dit long sur la politique du MAE et ses manières de faire...

Le Quai d'Orsay oublie la diplomatie pour licencier

Par CLAUDE GUIBAL, correspondant du journal au Caire.

“Latifah ben Hamed est en colère. Pire. «Blessée», dit la jeune femme. Le mois dernier, Latifah a reçu une convocation de son employeur, le Centre français de culture et de coopération, au Caire (CFCC). «On m'a laissé le choix entre démissionner et partir avec des clopinettes, ou être licenciée avec encore moins. J'ai travaillé loyalement pour la France pendant des années, et on nous jette


comme des moins que rien !» Employée depuis quatorze ans par le service culturel de l'ambassade de France, elle a occupé divers postes, documentaliste ou agent administratif, pour un salaire de 3 200 livres égyptiennes (plus de 370 euros) par mois. A peine plus que ce que touchait Tamer Kashef, informaticien, lui aussi remercié.

«Test». Vingt-quatre heures de réflexion, pas de préavis et pas de négociation. Comme eux, ils sont quinze recrutés locaux à être brutalement licenciés. Enseignants, chauffeurs, personnel d'accueil. De petits salaires, au regard de ceux touchés par le personnel français, même s'ils s'avèrent convenables pour l'Egypte où le revenu moyen avoisine les 100 euros. De source proche de la direction, on lie

cette mesure à la décision du Quai d'Orsay de baisser de 11 % le budget du centre. «Ce qui s'est passé ici est un test pour les autres restructurations qui vont intervenir ailleurs dans le monde, d'où la rigidité de Paris», ajoute-t-on.

Grève. «Des économies de bout de chandelle !» lâche un agent français, en prenant comme contre-exemple le budget de 55 000 euros consacrés cette année par le CFCC au salon du livre du Caire. Les employés égyptiens des services français ont mené une grève de trois jours en solidarité avec les licenciés, occasionnant un gel de l'octroi des visas. Pour Bernard Platel, ancien attaché de coopération au Caire, ces licenciements sont le reflet de «dysfonctionnements graves des services français à l'étranger, bien plus coûteux aux contribuables français que les salaires dérisoires des Egyptiens remerciés». Pour eux, la perte de leur emploi est une catastrophe. «En Egypte, nous n'avons ni chômage, ni allocations familiales. Avec ce licenciement, nous perdons même notre couverture médicale», reprend Latifah avec amertume “



Article ajouté le 2008-04-10 , consulté 6 fois

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