Snuipp MarocLettre ouverte au président de la RépubliqueLettre ouverte au président de la République Monsieur le Président, Améliorer la réussite scolaire de
tous les jeunes, il n’y a rien de plus urgent ! Vous
semblez découvrir ce que nous n’avons cessé de dénoncer : après des années de
progrès constants, de hausse du niveau de
formation des jeunes, le système éducatif peine encore à remédier à l’échec
scolaire de milliers de jeunes en difficulté. Mais
cette crise est d’autant plus urgente à traiter qu’elle s’inscrit dans une
société qui voit grandir les inégalités
sociales et territoriales. S’il y a des difficultés dans l’Ecole, elles
renvoient aussi, tout le monde le sait, à des difficultés vécues au quotidien
hors de l’école par des milliers d’enfants et de jeunes. Non, tous les enfants
n’ont pas les mêmes chances au départ, tous les jeunes n’ont pas les conditions
de vie, de santé, d’équilibre qui leur permettent, sans accompagnement,
d’accéder aux apprentissages, de se projeter dans l’avenir. Aider efficacement
les jeunes les plus en difficulté, former les enseignants pour cela, combattre
les inégalités sociales et le danger que
représenterait l’instauration d’une Ecole à deux vitesses, ouvrir un avenir
positif pour tous, rien de plus difficile, rien de plus compliqué sans doute,
mais rien de plus indispensable pour les
jeunes, pour nous, pour l’avenir du pays. C’est pourquoi l’Ecole doit réussir à
se transformer. C’est
ce défi là que doit relever le Service Public d’Education, parce qu’il est le
seul à pouvoir le faire, pour tous, et
pas seulement pour les plus favorisés ou les « méritants ». C’est une question
d’avenir, c’est un enjeu de démocratie. «
Egalité des chances » ou « ambition-réussite », ces grands mots, tout comme les
polémiques stériles sur les méthodes d’enseignement, ne peuvent tenir lieu de
politique de transformation démocratique de l’Ecole. Au
contraire, supprimer des milliers de postes, réduire l’offre d’enseignement
pour tous, libéraliser la carte scolaire pour laisser se développer des ghettos scolaires, jouer la
concurrence entre établissements,
annoncer un collège éclaté, favoriser l’école privée, c’est menacer gravement
le service public. Comment avancer avec
une politique guidée par la seule réduction des coûts ? Tristement
historique, la suppression de 11 200 emplois dans l’Education nationale (et
peut-être plus dans les années à venir),
s’ajoutant aux milliers déjà subies, annonce encore plus de précarité, de
difficultés, pour tous, personnels, familles, élèves. C’est inacceptable. L’école, les enfants
et les jeunes méritent mieux. L’avenir
des enfants d’aujourd’hui, leur formation de citoyen et leur insertion
professionnelle ne peuvent pas se réduire
à un problème de « rentabilité » du système, encore moins s’organiser en
sélections successives avant le collège, les lycées ou l’université. Leur avenir se joue
dès la maternelle, il se joue dans des classes moins chargées, il se joue dans
un collège pour tous, il se joue dans la mise
en oeuvre de pédagogies et d’organisations prenant en compte chacun,
permettant l’accès de tous aux savoirs, à la culture. Il se joue certes avec
des études dirigées, mais aussi et surtout
avec une meilleure cohésion de la communauté éducative, des enseignants
formés, des personnels pour accompagner, aider à tous les niveaux enfants et
adolescents. Nous voulons une politique éducative ambitieuse faisant avancer
notre École publique en mettant au cœur la réussite de tous les jeunes. Nous
voulons pour cela d’autres choix, un autre budget, une autre politique. Nous vous prions
d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de notre haute
considération. Cé, CRAP-Cahiers pédagogiques,
FAEN, FCPE, FERC-CGT, FIDL, FSU, GFEN, ICEMPédagogie Freinet, Ligue de l’enseignement, SGEN-CFDT,
UNEF, UNL, UNSA Education. Article ajouté le 2007-10-08 , consulté 36 fois CommentairesLiensVoir les articles de la catégorie " Réflexions sur l'école "Retour aux articles |