Lecture : DANGER

Lecture : DANGER

Petites infos en vrac

DVD lecture : censure

Le ministère vient d'envoyer à toutes les écoles primaires un DVD intitulé : « apprendre à lire » sensé aider à la mise en oeuvre des modifications des programmes sur l'apprentissage de la lecture. Le DVD reprend notamment les interventions des chercheurs lors d'un séminaire organisé l'an dernier ... en les censurant ! Une partie de l'intervention d'un chercheur, M. Gombert, (qui avait été très applaudie par les inspecteurs) a disparu.

Que disait-il de si dangereux pour être zappé dans le DVD de la pensée officielle ? "Les

exposés (des intervenants précédents, NDLR) nous donnent des bases, mais ont un

inconvénient : elles se focalisent sur certains aspects et en ignorent d'autres, parce qu'ils ne sont pas dans l'air du temps ou dans l'ordre du jeu. Il est donc essentiel de ne pas limiter les prolongements de ces propos à leur teneur de ce matin."

Lorsqu'il poursuit son intervention, il pose la question : "Nous sommes tous d'accord sur

l'importance de l'enseignement des correspondances grapho-phoniques. Mais cela impose-t-il qu'on revienne à des méthodes anciennes d'enseignement dites syllabiques et reposant sur leB-A-BA ? Je pense que la réponse est clairement non, pour plusieurs raisons…". Cette phrase est zappée du DVD (12 mn 38 s)

Pour la conclusion, l'intervention de M. Gombert s'arrête, dans le DVD, à " L'automatisation des procédures (nécessite) une pratique suffisante de la lecture et de l'écriture. Pour que cette pratique soit importante, il est nécessaire que les activités suscitent l'envie de lire...".

Mais le ministère de la pensée Robien enlève la suite du propos de Jean-Emile Gombert : "...ce qui n'est pas le cas des méthodes B-A-BA !".

La production ministérielle zappe aussi les dernières phrases, peu audibles pour les ayatollahs démagogues : "Il ne convient donc pas de demander aux enseignants de changer de méthode pour une méthode syllabique, mais il faut leur demander d'enseigner les correspondances grapho-phonétiques. Ce n'est pas demander un bouleversement, la plupart le faisant déjà.

Cela peut se faire avec les outils disponibles qui le prévoient. Il est contre-productif de laisser croire que ce n'est pas le cas, ou de jeter l'opprobre sur l'existant.(1)" (Applaudissements nourris de la salle).

(café pédagogique)

 

Appel à la grève du zèle

Les textes, tous les textes, rien que les textes !

Aucun chercheur sérieux ne peut prétendre connaître la bonne méthode de lecture !

Les résultats scientifiques conduisent à affirmer la nécessité d’enseigner, dès le début du Cours Préparatoire, les correspondances entre les lettres et les sons, mais ils ne permettent pas de trancher sur la meilleure façon d’y parvenir : par une méthode syllabique (le b-a- ba), par décomposition des mots en unités de plus en plus petites, ou par une démarche qui combine ces 2 approches.

L’arrêté du 24 mars, publié à la suite du débat suscité par le Ministre de l’Education

Nationale, laisse ouvertes ces différentes possibilités. De même, il rappelle l’importance du développement du vocabulaire, de la compréhension des phrases et des textes, et l’importance de l’articulation entre la lecture et l’écriture. Il prescrit donc un enseignement riche et ouvert. Ce texte officiel, qui précise celui de 2002, est en accord avec les connaissances scientifiques. Il dit ce qui doit être enseigné mais laisse aux enseignants le choix des modalités pour y parvenir.

Il est erroné d’affirmer que la recherche scientifique impose l’utilisation de la « méthode syllabique », et qu’elle serait la mieux adaptée au fonctionnement du cerveau. Il est insensé de rendre cette méthode obligatoire, de sanctionner les Inspecteurs* qui en dénoncent le simplisme, et d’interdire aux formateurs** d’expliquer, en accord avec les textes officiels, la complexité de l’enseignement de la lecture.

Face à des instructions contraires aux textes, il convient d’initier un large mouvement de grève du zèle, de refuser d’enfermer l’enseignement de la lecture dans le b-a- ba ; en d’autres termes, il convient d’appliquer les textes, donc de désobéir au Ministre qui les caricature.

Jean Emile Gombert

Caution récalcitrante

 

 



Article ajouté le 2006-10-29 , consulté 35 fois

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