Déclaration liminaire du SNUipp FSU au Conseil d'Administration de l'AEFE du 6 mai 2009
Déclaration liminaire du SNUipp FSU au Conseil
d'Administration de l'AEFE du
6 mai 2009
Madame
la directrice de l'Agence,
Mesdames
et messieurs les membres du conseil d'administration,
L'heure est grave, nous en sommes tous
conscients. Grave car l'Agence doit faire
face à des charges supplémentaires qui l'amène à prendre des mesures uniquement
dictées par des contraintes budgétaires. Les préoccupations immobilières paralysent
les finances de l'Agence.
Mais nous n'avons pas la même analyse des
conséquences réelles de ces contraintes
budgétaires sur le fonctionnement des écoles du réseau. Conséquences que
les services de l'AEFE ignorent ou minimisent.
Quel est vraiment
l'avenir de l'AEFE à court et moyen terme quand tous les choix
politiques concourent au démantèlement des services publics ? Comment dans ce contexte
parler encore de rayonnement, d'extension du réseau ?
−
Pour la rentrée 2009, nous assistons à une nouvelle vague
de suppressions de postes, une recherche minutieuse et constante
d'économies pour répondre aux exigences de Bercy. Les pressions financières
grandissantes imposées aux établissements
amènent les plus fragiles à demander eux-mêmes des suppressions de
postes, parfois directement négociées avec l'AEFE sans passer par les postes
diplomatiques. L'exemple de la carte scolaire à Madagascar, qui représente un des réseaux les plus étendus, est
frappant. Non satisfaite d'avoir épuisé les postes d'expatriés, l'Agence
s'attaque maintenant aux postes de
résidents. On aura même une école sans directeur à la rentrée 2009-2010
! La résidentialisation du statut de directeur est en marche. L'atmosphère dans les écoles s'en ressent. On sait d'ores et
déjà que d'autres postes sont
menacés et les collègues se demandent, en l'absence de réels critères, qui sera le prochain sur la
liste. Il y a donc une grande inquiétude, tant chez les collègues résidents ou
contrats locaux que chez les parents d'élèves.
−
Dans de nombreux pays, l'ISVL ne suffit plus à vivre
décemment et l'enveloppe constante montre une fois de plus ses
limites. Le problème des majorations familiales reste entier. Le dialogue social
devient un terme qui tombe en désuétude face à la surdité des instances
politiques décisionnaires.
Le
métier d'enseignant est dévalorisé aux yeux de tous. Les personnels que nous représentons ne
bénéficient pas de plus de considération.
−
Côté
pédagogique, les conséquences sont également désastreuses. La recherche
d'économies est aussi une priorité dans les écoles qui étouffent sous les charges. Pour certaines, l'agonie a déjà
commencée. Ce n'est qu'une question de temps. Ces situations les amènent
à réduire les budgets pédagogiques lorsque
les frais d'écolages ont atteint des augmentations trop importantes pour être supportées par les parents.
La formation continue est réduite à
une peau de chagrin : des stages de moins en moins nombreux et de plus
en plus courts.
−
La situation de nos collègues recrutés locaux, souvent
livrés à eux-mêmes, se détériore également et ils n'échappent pas aux
conséquences des restrictions budgétaires. Et les
recommandations de l'Agence peinent toujours à être appliquées ...
−
L'enseignement public à l'étranger devient une entreprise
qui se privatise à grand
pas. Les déconventionnements et la reprise des établissements par la MLF en est un exemple. Pour ceux qui ne sont pas
financièrement intéressants, c'est
l'oubli. L'oubli des valeurs pédagogiques, des élèves, des parents et
des enseignants en poste.
L'Agence
est-elle consciente de ces conséquences à court terme ?
Il est grand temps de mettre « cartes sur table » et de
réellement échanger et envisager
l'avenir sans minimiser les effets dévastateurs des choix politiques actuels.

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