Compte-rendu du Conseil d'Administration de l' AEFE du 06/05/09
Compte-rendu du Conseil d'Administration
de l' AEFE du 06/05/09
Le nouveau président du
CA, M. Masset, a exprimé son attachement au réseau des
établissements français de l'étranger. Il s'est dit convaincu que l'AEFE était la « pointe de
diamant » de l'influence française à l'étranger (un diamant qui a une fâcheuse tendance à s'émousser au fil
des restrictions budgétaires ...).
Il a rappelé
l'obligation fixée à l'AEFE par le Président de la République d'avoir pour 2009 un contrat
d'objectifs et de moyens.
En s'appuyant sur les
conclusions des États Généraux d'octobre dernier, le nouveau
Plan d'Orientation Stratégique devra être adopté à l'automne. Un avant projet devrait être
présenté au CA en septembre, précédé d'un séminaire de quelques jours.
M.
Masset a assuré que l'enseignement français à l'étranger resterait toujours la première priorité
du MAE.
Après
ce discours « rassurant », le SNES a tenu à rappeler que l'AEFE ne disposait
plus depuis plusieurs années des moyens nécessaires pour mener à bien ses
missions, et que les personnels en faisaient largement les frais. Le
SNUipp, dans sa déclaration liminaire a dénoncé les choix politiques du gouvernement
actuel qui conduisent au démantèlement des services publics et leurs conséquence
sur l'avenir des établissements du réseau.
1) Compte financier
Depuis plusieurs
années, les comptes agrégés des services centraux de l'AEFE et des
35 Etablissements en Gestion Directe (EGD) sont présentés dans un seul
document. C'est l'occasion de voir d'où viennent les financements et comment
ils sont
utilisés (charges et produits).
Les
services centraux:
− Les
charges de personnel représentent le premier poste avec 373 ME (Millions d'euros).
− L'autre poste conséquent est celui des subventions et
bourses avec 84 ME.
Les recettes
proviennent de deux sources:
− La
subvention de l'État de 360 ME représente 76% des produits (contre 83% en
2001 !). Depuis 2 ans, les millions d'euros qui servent à financer la mesure de
gratuité pour les élèves de lycée sont inclus dans la subvention de l'AEFE, ce qui lui permet de
masquer la baisse des moyens affectés à son fonctionnement.
−
La participation des établissements, elle, en constante
hausse, passe la barre des
100 ME !
Les
EGD:
−
Les charges des établissements sont constituées des
charges de personnels (36%) et des reversements à l'AEFE (nouvelle taxe de 6%
sur les écolages, ISVL, remontées relative aux salaires des résidents,
pensions civiles, avantage
familial), en constante progression (+14% cette année).
−
Côté recettes : la contribution des familles passe la
barre des 200 ME et représentent
83% des recettes des établissements !
L'AEFE
peut ainsi afficher un bilan positif de 22 ME ...
Mme Descôtes, directrice
de l'AEFE, s'est félicitée de la bonne gestion de l'Agence tout en
constatant que l'augmentation importante des sommes permettant de financer la mesure de « gratuité » avaient une incidence
directe
sur la politique de l'Agence. Le taux
d'autofinancement de l'AEFE est en diminution
; l'appel au mécénat des entreprises n'a pas donné les résultats escomptés. Tous les efforts reposent donc sur les
familles ce qui entraîne des hausses
importantes des écolages. La directrice a pointé qu'on atteignait maintenant
une certaine limite. Ces augmentations conjuguées avec la crise économique
entraînent de plus en plus d'impayés (en hausse de 30 %).
Les représentants de la FSU ont rappelé leur
opposition à cette mesure de gratuité,
décision prise envers et contre tous par le Président de la République et qui prive l'établissement public de moyens.
Rappelons qu'il n'y a pas de plafonnement
de ressources pour la bénéficier de cette gratuité. Même les entreprises qui prenaient en charge la scolarité de
leurs salariés ne le font plus ...
Une augmentation de
l'enveloppe des bourses aurait pu permettre d'aider véritablement les familles
qui en ont besoin, tous niveaux de scolarisation confondus.
Le résultat positif de
cette année (22,1 ME) est illusoire et ne témoigne pas d'une
vision à long terme et d'une politique ambitieuse pour le réseau AEFE.
Le SNUipp a souligné que
la subvention de l'État ne couvrait même pas les charges de
personnel, ce qui est contraire à la loi. Le compte financier fait apparaître
un « équilibre », mais ce sont les familles et les personnels qui en payent le prix sans
aucune garantie pour l'avenir.
Le représentant de
Bercy (Ministère du Budget) a caricaturé les remarques formulées
par les membres du CA qui, selon lui, demandent « toujours plus ». Il a rappelé
que le Président de la République avait clairement indiqué dans son discours de juin
2008 qu'il fallait s'orienter vers une logique d'autofinancement. La mise en place de la RGPP (Révision Générale des
Politiques Publiques) impose à l'AEFE comme aux autres services de
l'Etat le non remplacement d'un fonctionnaire
partant à la retraite sur 2. Bercy considère donc qu'il y a encore de
grandes marges de manœuvres à l'AEFE ...
Il convient également
de « faire évoluer la structure des emplois » (en clair, supprimer
les postes d'expatriés) et de « revoir la pertinence des implantations géographiques »
(gare aux petites écoles jugées peu rentables).
Bercy entend également
mener la chasse au gaspi du côté des boursiers en revoyant les
critères d'attribution des bourses pour éviter les abus.
Le SNUipp a réagit en rappelant qu'en ce qui
concerne les postes d'expatriés, il n'y en
avait plus dans le primaire et que l'Agence s'attaquait même dorénavant aux postes de résidents. Le terme de « toujours
plus et jamais assez » est donc provocateur et sans fondement.
Le SNUipp a souligné
que l'AEFE était depuis plusieurs années dans une politique du toujours moins
(moins de postes d'expats, moins de moyens pour les
établissements, moins
de pouvoir d'achat pour les collègues ...) et que nos revendications
ne visaient qu'à la sauvegarde d'un service public d'Education de qualité à
l'étranger. Au delà des chiffres, il y a la réalité de la vie des établissements, des élèves, des personnels, ce
que les gestionnaires continuent de négliger.
Le SNES a rappelé que
l'attractivité de nos établissements était liée à la qualité de l'enseignement
que l'on y dispense. Cette qualité est assurée par les personnels qu'on ne peut pas continuer à considérer comme de simples
variables d'ajustement. Le Ministère
du Budget, prompt à donner des leçons d'économie, aurait dû commencer par tenir ses promesses et
transférer les fonds nécessaires à
l'entretien du parc immobilier remis en dotation par l'Etat à l'AEFE.
Vote sur le Compte Financier :
Contre : 4 (FSU)
Abstention : 2
(FCPE, FAPEE) Pour : UNSA et Administration
2) Décision
budgétaire modificative
La
DBM a été l'occasion de reparler de divers dossiers en cours.
Avantage
familial
La
réforme de l'avantage familial datant de 2007 a déjà été budgétisée. Il est apparu que le texte était en contradiction avec
une directive européenne de non cumul
avec des prestations locales. Cette erreur juridique a occasionné des déboires financiers pour les collègues en Europe
(voir circulaire SNUipp N° 14 du 20
janvier 2009 et tract section Espagne en annexe) et n'est toujours pas réglée
à ce jour.
Le SNUipp et la FSU
sont de nouveau intervenus pour dénoncer le scandale de ce dossier
qui stagne depuis trop longtemps. Bercy nous dit que la rétroactivité de plus
d'un an n'est juridiquement pas possible et qu'elle ne peut s'exercer qu'à compter
de septembre 2008. C'est inacceptable ! L'arbitrage est maintenant dans les mains du
premier Ministre. C'est donc à lui qu'il faut maintenant s'adresser.
La pression monte dans
les établissements, comme à Londres où les collègues du secondaire ont
organisé le blocage des notes. Le SNES FSU menace de perturber les sessions du baccalauréat dans le cas où aucune avancée
favorable ne serait notée dans les délais les plus brefs.
ISVL
Les représentants
de la FSU, comme dans notre intervention liminaire, sont revenus
sur la question de l'ISVL qui s'avère insuffisante dans de nombreux
pays.
Il y a un réel besoin d'ajustement permettant à tous de vivre décemment dans leurs pays de
résidence.
La
décision budgétaire modificative proposée au vote ne présente aucun ajustement en faveur
des personnels.
Contribution
de 6%
La contribution de 6% sur les écolages perçus imposée aux
établissements a des effets désastreux sur le fonctionnement des écoles qui
l'ont déjà intégrée dans leur budget. Cette taxe prendra effet à la rentrée 2009
mais pèsera pleinement sur les finances des établissements à partir de janvier
2010. Les augmentations d'écolages et les réductions de personnels sont les seuls
moyens utilisés pour compenser
cette nouvelle charge.
La directrice de l'AEFE
nous a pourtant assuré que cette mesure avait fait l'objet d'une
concertation avec tous les établissements et que des aides via les taux de
remontée relatives aux salaires des résidents avaient été mis en place pour les
structures financièrement fragiles. Le tableau des variations de ces remontées
ne laisse pas entrevoir ces efforts et pour ce qui est de la concertation, nous savons que, sur le terrain,
elle n'a pas été mise en place de manière systématique ...
Au final, quels que
soient les arrangements et le contexte économique, les établissements devront
payer.
Le SNES FSU est alors
intervenu pour demander une discussion et un vote sur le gel
des suppressions de postes d'expatriés et de résidents. Une DBM doit prendre
en compte les besoins de l'AEFE et donc tenir compte des besoins en personnels.
Devant le refus de l' AEFE de tenir ce
débat et ce vote, les
représentants de la FSU
ont pris la décision de quitter la réunion
du CA qui se contente
d'être une simple chambre
d'enregistrement.

Commentaires
colette Laurans le 11/05/2009 à 20:42:34bONJOUR,
Désolée, mais je n'arrive pas à lire le texte , signes chinois ou presque, cela doit venir de la police d'écriture je pense
merci