SNUipp FSU Maroc

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21 septembre 2015: Compte-rendu de la réunion avec Mme Simon, IEN

A notre demande, Mme Simon, inspectrice de l'Education Nationale, accompagnée de M. Darras, conseiller pédagogique, nous a reçus pour un bilan de rentrée des écoles françaises au Maroc.
Danielle Lecoq, Vincent Gomet et Bruno Beaurain représentaient le SNUipp Maroc.
1- Bilan de rentrée - effectifs
Un premier bilan a été réalisé par le SNUipp Maroc qui a relevé les effectifs dans de nombreuses écoles. C’est à Casablanca et à Rabat que la pression est la plus forte. Il est à noter que les chiffres recueillis ne sont pas définitifs, les listes n’étant pas encore arrêtées. Nous surveillerons avec attention l’évolution des effectifs au cours de l’année.
Lors de nos discussions à ce sujet avec l'Inspecteur d'Académie, conseiller adjoint de coopération, celui-ci s’était engagé, dans la mesure du possible bien entendu, à ce que les effectifs des CP ne dépassent pas 26. 
C’est le cas dans la plupart des écoles, excepté à Gautier, C. Bernard, Massignon (Casablanca), à Monet (Mohammedia), écoles qui comptent jusqu'à 30 élèves en CP, avec parfois un accueil d'élèves avec des PPS et la présence d'une AVS. 
Les autres niveaux critiques sont les MS et les CM. Des MS à 31 à Gautier et à Bizet (Casa) et des CM à 31 Cézanne et à Malraux (Rabat).
 
Nous informons  l'IEN que nous demandons aux conseils des maîtres des écoles concernées par des effectifs trop chargés d’établir une motion à joindre au PV. 
Nous l'informons également  que nous demanderons des engagements clairs à  l’administration, pour que :
·        les inscriptions soient limitées dès la MS
·        les tests ne soient pas ouverts pour les niveaux déjà complets
·        soient anticipées les inscriptions tardives « de droit »
·        les classes accueillant des enfants en situation difficile soient allégées
 
Mme SIMON nous rappelle qu'elle n'a pas pouvoir de décision concernant les affectations (compétence du service de coopération et d'action culturelle) mais qu'elle est consciente des difficultés rencontrées par les équipes, son action consistant à les accompagner pédagogiquement.
 
Nous prévenons qu'à défaut d'évolution positive, le SNUipp Maroc, qui a recueilli en juin dernier les signatures de plus de 350 enseignants sur ce sujet, proposera d'autres actions.
 
2- Pôle ressources pédagogiques
Le document du Pôle de ressources pédagogiques annexé à la note de service n°1 explique que les effectifs augmentant, le recrutement d’ADL (Agents de Droit Local) s’accélère tandis que le nombre de titulaires diminue. Il prévoit également que cette évolution se poursuive. Faute de maitres-formateurs CAFIPEMF en nombre suffisant, on propose donc de confier la formation des nouveaux ADL enseignants à des personnels titulaires non spécialisés "reconnus" par le directeur ou l'IEN.
 
  • Sur la méthode: 
Nous regrettons que ce plan local n'ait été discuté ni avec les enseignants ni leurs représentants, ni même avec les maîtres formateurs déjà en poste. 
 
Mme SIMON le regrette également et évoque un calendrier de fin d'année très chargé qui ne lui a pas permis d'en parler aux intéressés.
 
  • Sur le fond du projet:
 
Nous ne pensons pas que ce plan, qui ne se donne pas les moyens face à une situation exceptionnelle, soit à même de combler les besoins de formation des nouveaux ADL. Jusqu’à présent, ces nouveaux enseignants étaient plus ou moins accompagnés selon les ressources locales. Le nouveau plan, bien que constatant un accroissement du recrutement et le besoin de formation qu'il induit, se contente d’institutionnaliser ce qui existait déjà, ce qui n'est pas suffisant pour maintenir un enseignement de qualité
 
Au Maroc, il n'existe actuellement aucune perspective de recrutement de maitres-formateurs en établissement, comme cela existe dans de nombreux lycées français à l'étranger. La demande de création d'un troisième poste de conseiller pédagogique, n'a pas abouti.
De plus, les candidats à l'examen du CAFIPEMF (diplôme de maitres-formateurs) ont  obligation de retourner en France pour le passer. L'AEFE, arguant que ce n'est pas un concours de la fonction publique, n'autorise pas de droit les collègues à s'absenter. Cela peut parfois donner lieu à des retenues de salaire, au bon vouloir du chef d'établissement. Ne pourrait-on envisager de faire passer le CAFIPEMF au Maroc puisque le besoin en maîtres formateurs est si grand ?
 
Le SNUipp estime que le niveau 2 de ce plan doit être amplifié: décharge pérenne de plusieurs heures / semaine pour les maitres formateurs. 
 
  • sur les modalités pratiques:
Les tuteurs bénéficieront d'heures libérées (dispositif PMQC + APC = 2h/semaine). Ces heures sont dues aux élèves. Elles permettent des échanges entre classes, de constituer des demi-groupes (informatique, arts visuels, sciences...), de travailler avec des groupes restreints (soutien, remédiation...)... De plus les maitres déjà chargés d'un "service école" type USEP, coopérative, webmaitre sont, de fait, exclus de ce dispositif.
 
Mme Simon explique qu'il s'agit d'un dispositif expérimental et qu' il sera nécessaire, dans quelques mois, de faire un bilan avec les représentants du personnel. Par l'intermédiaire de ce plan, elle souhaite légitimer les échanges de pratiques qui existaient déjà dans les écoles de manière informelle. La formation des nouveaux ADL est bien la mission des maitres-formateurs qui effectueront des visites de classe et des conseillers pédagogiques qui, outre les visites, animeront des stages de formation continue pour ce public désigné. Elle nous informe également que ce projet de pôle de ressources comprend aussi un volet de formation pour les collègues (résidents et recrutés locaux), et une refonte prochaine du site de l'inspection pour un partage de documents plus facilité.
 
Nous avons demandé que soit précisé à nouveau à tous le rôle des tuteurs et ce qu'on attend d'eux.
Nous avons insisté pour que cette fonction soit toujours basée sur le volontariat, comme le prévoit le texte.
Nous avons réaffirmé pour les nouveaux collègues  la nécessité d'une formation par des personnes qualifiées titulaires du CAFIPEMF.
 
3- Conseil école - collège
Il n'est actuellement pas mis en place dans tous les pôles, notamment à Casa AEFE et à Fès. 
L'IEN nous informe qu'il sera mis en place sur tous les pôles cette année.
 
4- Enseignement de l'anglais
Mme Simon rappelle que l'enseignement de l'anglais, inscrit dans les emplois du temps, débute au Maroc en CE2. Certaines écoles débutent cet enseignement dès le CP, à l'OSUI notamment. M Darras explique que l'enseignement d'une langue étrangère figure au programme à partir du CP, à raison d'1h30 / semaine pour 24h de classe, ce qui, ramené au contexte des écoles françaises au Maroc (23h en français), laisse 30 minutes aux équipes pour éventuellement intégrer une initiation culturelle à l'anglais.
 
Si initiation est proposée aux élèves de CP et de CE1, l'équipe de circonscription souhaite que cela se fasse de manière concertée dans les écoles. 
 
Concernant l’évaluation CHAMILO, application informatique qui permet de valider, en fin de CM2, le niveau A1 du CECRL, nous évoquons les soucis de connexion et le temps important consacré à cette évaluation, l'absence de retour des résultats pour les équipes, l’absence de transmission des résultats aux professeurs d'anglais au collège. Mme SIMON rappelle que ce n'est qu'un outil, qu'il peut être utilisé dès le mois de janvier et que l'équipe de circonscription réfléchit à une évolution simplifiée. Dans le cadre des nouveaux programmes, le niveau A1 sera validé en fin de sixième .
Deux stages de formation continue consacrés à l'enseignement de l'anglais sont prévus au PRF.
 
4- Enseignement moral et civique
Est-il prévu, au niveau local, un accompagnement et-ou une formation particulière pour aider les équipes à enseigner cette nouvelle discipline?
 
Un stage est dédié à cet enseignement qui figure, dans les programmes, en tant que discipline mais qui ne doit pas, dans les emplois du temps, être inscrit en tant que tel. Une animation pédagogique est aussi prévue sur ce thème. Nous avons demandé qu'elle n'ait pas lieu au 3ème trimestre.
 
5- Perspectives d'inspection des enseignants pour l'année 2015-2016
La tournée d'inspection concernera cette année les collègues dont la note est antérieure à 2012. Ils seront prévenus une semaine à l'avance. Les modalités de l'inspection sont modifiées et s'inscrivent dans le cadre du référentiel de compétences de l'enseignant.
 
6- Nouveaux programmes en maternelle:
Une animation pédagogique est prévue sur ce thème.
 
7- Plan de formation continue
Délai prolongé: Il est possible de s'inscrire au plan de formation jusqu'au 27 septembre. Ne pas hésiter à se manifester, l'équipe d'inspection se propose d'apporter son aide à ceux qui ne parviennent pas à s'inscrire.
Les difficultés de connexion sont dues au changement d'application, désormais gérée par l'AEFE au niveau mondial. 
Modalités d'inscription : les filtres ne sont pas adaptés. Lorsqu'on choisit celui du 1er degré, les stages inter-degrés (1er et 2nd degrés) n’apparaissent pas, ce qui ne facilite pas le choix des collègues.
Offre de formation : elle se réduit d'année en année en nombre et en diversité. Certains stages portent des N° de référence différents et pourtant ils ont lieu au même endroit, aux mêmes dates avec les mêmes formateurs. Plusieurs sont réservés exclusivement aux contrats locaux ou à leurs formateurs
 
8- Evaluation par le logiciel SACOCHE
L'IEN rappelle l'obligation de remplir le Livret Personnel de Compétences et de validation des différents paliers du socle commun. Dans ce cadre, certaines équipes utilisent déjà l'outil informatique qui facilite ces tâches. Pour cette rentrée scolaire, l'IEN souhaite imposer l'utilisation de cette application SACOCHE dans un souci de cohérence et d'harmonisation aussi bien entre les différentes écoles qu'avec les collèges de rattachement qui l'utilisent déjà. A l'OSUI, c'est l'application PRIM CERISE qui a été choisie depuis plusieurs années.
 
Si les remontées des collègues quant à l'utilisation de cette application sont positives, il n'en reste pas moins que ceux qui ne l'utilisent pas encore devront à nouveau consacrer du temps (et sûrement du temps personnel) pour appréhender ce nouvel outil. Des formations internes, dans le cadre des ateliers d'école, sont déjà programmées. Nous souhaitons que la généralisation de ce dispositif conditionne son utilisation pendant plusieurs années.
Mme Simon rappelle que cela ne reste qu'un outil et que l'évaluation étant la valorisation des acquis des élèves, les relevés édités grâce à cette application  ne mentionnent que ce qui a été effectivement évalué en classe.
 
Pour le SNUipp, 
Vincent Gomet et Bruno Beaurain 


23/09/2015
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